ROSE AURORE

ROSE AURORE
Tes cheveux accrochés à la tête du lit, laissent filer les dernières noirceurs dans la perspective du matin qui pointe
Saccadé le bruit des roues règle son pas sur l'écartement des traverses
Un chemin ouvert en patte-d'oie propose ses tours de ville
Sur le chevet les lunettes sont prêtes à relayer le rêve d'un sommeil posé sur la vague de son tapis volant
Itinéraire à quatre mains attelées en équipage
Qui laisse en corps du temps à prélasser la fente des paupières
Le sifflement du train-percolateur n'a pas commencé à répandre l'odeur café sur le sol
A la lucarne d'un trou au plafond
Tu es plus près de la peau de mes yeux
Que les derniers mots que tes lèvres n'ont pas encore écrits
Voilà comme nous nous vivons d'une étreinte vespérale au premier métro
Les bruits des éboueurs cognant les bidons du laitier
Alors que le dernier cheval pétrifié ne quitte plus le socle de sa statue
Les journaux imprimés la veille font l'édito du jour qui suit
Nous n'avons que faire d'usages immodérés du quotidien
Sans avoir d'abord répondu au rite de l'amour
Si douce est ta voix quand elle change l'eau des mots crus
Coupant la tige qui prolonge la sève au-delà du premier orgasme
La tâche d'un drap étant tellement plus propre qu'une éjaculation refoulée
Oui tait les descriptions impudiques des bonnes manières
Entend les bruits d'eau qui sourcent de son ventre
Ceci étant sans conteste bien plus franc qu'une ceinture de chasteté
Plus drainant aussi
Et plus irriguant que ce tiers-monde à la peau sèche qui ne pense qu'au commerce
au jour le jour
L'amour ne paie pas le placement d'un conte en suisse
Il dit par l'épargne du silence
Le naturel intérêt de la transmission pérenne de l'ô fraiche...
Niala-Loisobleu
26 Février 2015
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire