dimanche 30 novembre 2014

FRERES DE LA CÔTE

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FRERES DE LA CÔTE

Les épiceries garent leurs cas dits aux carrefours des mains courantes, registre des plaies récurrentes des dangers de la navigation terrestre, surtout quand passer par le détroit de l'indifférence est le raccourci préféré de la narine marchande.

Au matin par l'infime percée des carreaux sales, je dessine un oeil du bout de la phalange pour profiter du court instant de buée qui décolle les chiures. Je sais le risque de lèpre pour avoir osé naïvement refaire le monde pendant et après les années où arpète, je devais balayer les ateliers.

Où ce Dimanche laissera vaquer mes insolences, je mettrai du citron au creux de l'odeur de merde des égarés de la semaine. C'est mieux qu'un masque Mao pour ignorer la pollution.

Je vais en bordure d'Atlantique remonter un vieux réveil que j'avais laissé en consigne au bassin de radoub. Voilà si longtemps, que je pourrai très bien en avoir moi-même la mémoire amnésique. Quarante-cinq ans, Paris laissé à la poterne de la Porte d'Italie, devenait moins lisible dans mes brouillards de rive-gauche. J'allais à l'inconnu Charente-Maritime, m'installer à Vallières dans la crique des Pirates. Royan on ne pouvait pas trouver plus insignifiant pour un lavement.

Nous ne tirerons des bordées qu'à ceux qui, partis, ont fait la preuve du neuf de l'immortel esprit.

En se lavant les barbes aux embruns, du sable à récurer les paumes, la canne enrubannée, nous irons à La Cayenne prendre la mer par la taille.

Au bout de landes, pointe de corniche des ex-votos, je laisserai courir mes yeux des pailles de la chaise au rayon léchant les tomettes, disparu définitivement d'ici, totalement au creux de ta nacre, ô Toi simple Femme de mon Tout.


C'est Dimanche, moi si je prie, ça ne peut qu'être seul avec l'espoir.

Niala-Loisobleu

30 Novembre 2014

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