samedi 6 décembre 2014

BATEAUX ALLOUES...





BATEAUX ALLOUES ...

Jeannot, Eric, Christian, où êtes-vous ? Nos maternelles se sont sevrées d'elle m'aime, c'est le plat du jour que la cantine met à la carte. Ribouldingue à pieds entre le Louvre et Elysées-Montmartre.Nous y voilà au pavé, puty c'est que ça cogne dans la poitrine quand la java tourne au pugilat. "L'Année terrible"pour les enfants du même nom, un cocktail molotov que les guerres allument épisodiquement 

- Le monde n'en finira donc jamais de devoir être refait, fait un quidam aux guichets Rivoli ? 
- Pardon Monsieur mais tout entrepreneur qui gagne le marché s'y emploie. Sitôt adoré, sitôt brûlé pour non respect présumé des attentes. 

Le gogo ne demande que ça. L'apparence. 
Mon tailleur est riche, c'est faux de dire que le peuple va nu pieds, il se fait tailler des costards sur mesure. Du prêt-à-porrter il en veut pas.Doit y avoir une différence entre le devoir et le droit. "Moi-je" le pseudo de Durand-Dupont, me le disait avant-hier, dans les années 80, travaillez plus pour gagner moins c'est absurde quand on peut s'inscrire au chômage et gagner plus.Nous vivons de la combine du loisir, alors vivement Dimanche. Vous referez bien un p'tit tour de manège ? 

LES TUILERIES 

Nous sommes deux drôles, 
Aux larges épaules, 
De joyeux bandits, 
Sachant rire et battre, 
Mangeant comme quatre, 
Buvant comme dix. 

Quand, vidant les litres, 
Nous cognons aux vitres 
De l’estaminet, 
Le bourgeois difforme 
Tremble en uniforme 
Sous son gros bonnet. 

Nous vivons. En somme, 
On est honnête homme, 
On n’est pas mouchard. 
On va le dimanche 
Avec Lise ou Blanche 
Dîner chez Richard. 

On les mène à Pâques, 
Barrière Saint-Jacques, 
Souper au Chat Vert, 
On dévore, on aime, 
On boit, on a même 
Un plat de dessert ! 

Nous vivons sans gîte, 
Goulûment et vite, 
Comme le moineau, 
Haussant nos caprices 
Jusqu’aux cantatrices 
De chez Bobino. 

La vie est diverse. 
Nous bravons l’averse 
Qui mouille nos peaux ; 
Toujours en ribotes 
Ayant peu de bottes 
Et point de chapeaux. 

Nous avons l’ivresse, 
L’amour, la jeunesse, 
L’éclair dans les yeux, 
Des poings effroyables ; 
Nous sommes des diables, 
Nous sommes des dieux ! 

Nos deux seigneuries 
Vont aux Tuileries 
Flâner volontiers, 
Et dire des choses 
Aux servantes roses 
Sous les marronniers. 

Sous les ombres vertes 
Des rampes désertes 
Nous errons le soir, 
L’eau fuit, les toits fument, 
Les lustres s’allument, 
Dans le château noir. 

Notre âme recueille 
Ce que dit la feuille 
À la fin du jour, 
L’air que chante un gnome. 
Et, place Vendôme, 
Le bruit du tambour. 

Les blanches statues 
Assez peu vêtues, 
Découvrent leur sein, 
Et nous font des signes 
Dont rêvent les cygnes 
Sur le grand bassin. 

Ô Rome ! ô la Ville ! 
Annibal, tranquille, 
Sur nous, écoliers, 
Fixant ses yeux vagues, 
Nous montre les bagues 
De ses chevaliers ! 

La terrasse est brune. 
Pendant que la lune 
L’emplit de clarté, 
D’ombres et de mensonges, 
Nous faisons des songes 
Pour la liberté. 

Victor Hugo 
19 avril 1847.


Ah les maudits tricheurs, Victor s'en est pris plein la tronche. Le Jersey il l'a tricoté à l'envers dans le désert. Mais c'est pas grave, après on l'a mis dans le programme des écoles. Il a été vengé par l'exemple, le manuel de la pensée, et tout le monde s'est lavé les mains du sens profond du combat.D'ailleurs il commencait à raser le vieux .La vraie victoire c'est de prendre une ficelle et d'y attacher la glèbe, t'ouvres le rideau et tu fais la pantomime, tout le monde n'y voit qu'un jeu. On a le responsable, il faut descendre Guignol. 

Je vais partir en Iroise. P'tit-Frère m'a dit "Viens j't'emmène respirer ailleurs, loin des grands rassemblements mensongers. Le jardin est plus petit que Les Tuileries, mais ce qui y pousse est sans pesticide.Et puis mon bateau c'est pas Bobard qu'il s'appelle. 

Tant que tu tiens l'ô, traverse mon Pt'it-Gars !!!! 

Niala-Loisobleu 
6 Décembre 2014

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire