jeudi 2 juillet 2015

BLONDEUR CORAIL

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BLONDEUR CORAIL

Ce matin là
je cherchais l’heure au poignet de la fenêtre
l’air resté frais après l’orage de la nuit
se tenait encore dans les jardinières en attente de partir au marché
Tout n’était que silence
pas un ronflement de feuille
pas un remuement d’herbe
à peine un souffle demeuré des étoiles
et posé à même le sol par la pleine lune
dans sa descente sur le tapis où tes cheveux demeuraient étalés
Elle n’avaient rien dépeigné des mouvements de tes membres
chacun d’eux s’étirait en boucle souple
devançant les mouvements de mer que ton ventre imprimait au mien
lorsque nos lèvres sèches venaient boire à nos langues humides
Ce parfum animal
assemblage naturel de notre conversation intime
allait d’un à l’autre du lit
chaud d’un musc porté par la marée
et rafraîchissant des menthes que le matin joignait au basilic
Ouverte corail dans ta chaume
fruits rouges en bleus d’herbacées
tu souriais au-devant des présages
la main plaine ouverte aux greniers
plus fertile que les promesses d’un traité d’algues vertes au lisier des côtes…
Niala-Loisobleu
2 Juillet 2015
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vendredi 26 juin 2015

39b-Richard Moult

LARMES D'ENCRE

Par les mailles des heures le métier a tissé
Tremblements mêlés de suées diluées dans la glace de frissons
Une à une,
elles ont remontées les barreaux de l'échelle à poissons
mes émotions
sur les genoux, épuisées,  jamais sur le ventre
à vouloir franchir les écluses de l'indifférence
Mises à l'index par la raison du bien-pensant, la puissance de ce qu'il est de bon ton de croire et de faire
Subissant la peur des confrontations
l'incompréhension qui étiquette
la douleur de l'ignorance qui châtie de ses sarcasmes
la poésie écorche le derme jusqu'au coeur à vif
Poète
Je suis d'une autre race
d'un autre langage
de pas la m'aime expression
allez vas à la trappe maudit repeigneur de ciel
De la douleur monte l'éclat de la couleur
on s'y précipite depuis son gris constant
on la dévore
on s'en repaît
pour mieux la mettre en joue
afin de la tirer à bout portant
J'ai mal aux autres
Je ne fuis pas je sors
Tout cet amour je vais le noyer dans la solitude des oiseaux bleus aux vols blancs
le chant du marais et ses bruissements de silence de sel en fleur
A l'abri des planches, là où l'écaille craque pour polir la nacre
de la perspective à coquiller la marelle d'un autre calcaire
Empreinte de pattes que l'oiseau griffe au buvard des dunes
Chaude étreinte de l'horizon portant les luminaires à flots sur une canopée marine
en dehors des remugles de la méchanceté gratuite
de ces paradis artifiels où le sentiment ne s'écrit qu'avec des maux sales
Que de je t'aime blasphèment l'amour
laissant sur les rivages du Tendre
des sombres héros à bronzer

Niala-Loisobleu
26 Juin 2015

Surreal-painting-by-Russian-artist-Alexei-Ezhov-4

https://www.youtube.com/watch?v=VTPec8z5vdY

jeudi 25 juin 2015

NOIR BLEU ÂTRE

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NOIR BLEU ÂTRE

Remontant de la cheminée 
bistres de poils d'ours
au feu claquant
nous laissent tapis l'un dans l'autre fumants
devant le bois qui bave
sous la langue des flammes

Matin de braises
en corps chauds 

Ta robe collée au papier-peint titubant
se retient au dossier
des murs ouverts
en regardant ta culotte le nez dans le soutif dégrafé
tous deux
plongés dans leurs rêves sur la paille de l'assise
au pied du paon talon que les tomettes ont détrôné
aux premiers rayons de l'ocre

Le front des carreaux où vivants nous gisons
s'embue de la première rosée 

Ton haleine sent l'amour
à en ouvrir les lits-clos
sans décrocher les étoiles
.du timbre de pierre
où les gouttes du saxophone échappées du piano
éclaboussent la paillasse de la plage déjà ouverte
Des roses coquillages prennent l'air
au ressac du sel

Au-dessus
à l'étage
en haut des rochers
le plancher craque pour l'odeur d'arabica qui monte
ondulant des hanches comme une verseuse sur la rampe

Dehors le coq ouvre les rideaux à fleurs

Je bois la tasse
au fond de tes yeux de porcelaine translucide
Bon Jour

Niala-Loisobleu
25 Juin 2015

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Salif Keita & Cesária Évora - Yamore

mercredi 24 juin 2015

LE TRANSBORDEUR

LA CABANE 2012 - RECOLLETS 040
LE TRANSBORDEUR
Les silences suivent le rythme des instants partagés, seul ou à plusieurs, stimuli en figure de proue. Tantôt la surface est sans ride, tantôt une vague est à franchir. Les nuits sont fraîches, entre soir et matin, l’amplitude suit le pinceau du soleil, et ça me dilate le métal, au point de me courbaturer les entretoises, ainsi parlait le vieux pont-transbordeur de Martron, qui traversait personnes et choses d’une rive à l’autre de la Charente, vers d’autres eaux au Sud-Ouest de Rochefort. Aujourd’hui, il promène les enfants et les nostalgiques en laissant les voitures prendre le viaduc qui le snobe du haut de ses piles prétentieuses dénuées de cette majesté sculpturale, qui est l’apanage des grands ouvrages du 19°.
Les fleuves seront toujours la marque d’une vie humaine, que le Grand Nautonnier traverse , en laissant au courant le transport de nos années. Entre des tours de malice et de continents, j’ai les yeux qui flottent d’un âge à l’autre. Age tendre comme une herbe courte, qui perle de gouttelettes entre ses couches.L’ombre des nuages, avance, poussée par des souffles musicaux. Elle glisse comme un tapis volant, emportant le souhait de toutes les escapades, au loin des ici, au bord de ailleurs. Les châteaux-forts étirent les remparts de Carcassonne, aux donjons cathares, pour que Soeur Anne voit venir les 3 mousquetaires au secours de Don Quichotte. Ramassés aux lés des rivières, les glands du grand arbre font la chaîne, dans la ronde d’un rire d’enfants. Arrive le jou où les grands récoltent la part de tracas que les enfants représentent. Ce que nous avons été en tant qu’enfant jouera un rôle imminent au moment où face aux  nôtres nous devrons sauter les obstacles bien particuliers que toute séparation comporte. Sur leurs chevaux de bois, ils sont d’une prochaine croisade, rien n’est jamais pareil dans un recommencement éternel.
Comme une bande des cinés muets, le noir-et-blanc cède la parole au technicolor. Seuls, les chemins se creusent un peu plus, ils ne veulent pas perdre la trace des pas précédents, s’amollissant à la pluie, pour le strict nécessaire à la nouvelle empreinte. Nous avons des rejets au pied, comme l’arbre qui nous symbolise. Quoi que ça puisse faire remonter, il faut les couper. Sans que cela atteigne la vérité du lien qui les unit à la racine, les trancher vivifie, en ne laissant pas des adhérences malignes se développer. Être épanoui, c’est se donner le moyen de mieux traverser vers les autres.
Niala-LOISOBLEU
24 Juin 2015
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samedi 20 juin 2015

LA CIUDAD DE LAS DOS PACES



L'attente d'apres Patrick Jannin

LA CIUDAD DE LAS DOS PACES

Lame acérée du rai, murmure d’un voeu haletant que l’heure égraine, heur après heurt
racines au fond de poumons gorgés de crues de sang,  que des mains décousues de promesses tiennent
il pleut des éclats de rires au regard d’enfants abattus en plein vol, lestés d’éclats d’obus
le missile est là,
visible,
en lieu et place du Messie attendu
psalmodiant ses sermons de chaire à canons qui labourent pour l’épuration raciale
L’étron d’oliviers enfume la virginité de la colombe au fil du couteau
mains en prière dans une parodie d’amour
c’est ainsi que les hommes disent vivre
Il fait désert
je vois l’oasis tarir
Nous nous y étions plantés source bleue
doigts noués aux matins qui tissent
loin des dattes et de leurs régime
qui obturent les estuaires et leurs confluents
Pourquoi tout ça pour ça ?
La surdité de l’inconstance hurle le manque d’amour
en se jetant des quatre membres dans l’imposture
à force de mots étirés en phrases à maux discourant hors sujet
Dans l’ombre de l’au-delà, le chant de Montserrat vole de ruelles en ruelles
sorti d’une même voie innée des deux camps
débouché
que la réalité humaine rend impossible par la fragilité de son passage à l’acte
au nom d’un éternel remake de ses anciennes erreurs
comme s’il n’y avait d’autre solution que celle de mourir pour continuer d’aimer
avec sa connaissance, sa dignité, sa foi, sa probité, son humanité
sauvegardés des pirouettes de la lâcheté…

Niala-Loisobleu
21 Juin 2015

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vendredi 19 juin 2015

AU BORD DU LOINTAIN...

Ignacio Nazabal  (2)

AU BORD DU LOINTAIN

Toujours à deux doigts du meilleur, le bord de route s’en est fallu d’un poil d’aboutir.
Comme disait la palisse, si j’avais tenue, le sable ne m’aurait pas filé entre les lattes.
L’irisé du fond des coquilles ne corrige pas pour autant la tristesse des  fautes  d’orthographes.
Sur la nappe des frustrations
un renversé de sel n’a pu effacé la tâche de vain
Au loin à l’amor, un chien aboie
Le printemps tarde a sortir ses feuilles…

Niala-Loisobleu
20 Juin 2015

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jeudi 18 juin 2015

VAS CHERCHER DE L'EAU !

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VAS CHERCHER DE L'EAU !

Les allées du jardin gercent, dans les pissenlits un oeuf brisé tremble, le jaune au centre du vert.
La Marguerite, cou tordu vers la réponse, baisse les yeux sur les doigts qui la déshabillent...
Anxieuse, m'aime-t-il comment ? Un peu, pas du tout énormément,,,
La fontaine a tout bu, il faut racler les sots.
A la blancheur des maisons qui s'étagent en espaliers, le bleu des moucharabiehs dissimule mal les ancres noires de l'abstinence.
L'absence de foi donne un goût âcre aux vains de messe, entre l'appel du muezzin, les sermons de l'aigle de Meaux, l'ouverture à huis-clos du 49,3
qui,
hormis le poète fou que l'espoir nourrit, se souvient de celui du 18 Juin ?
Toi te souviens-tu quand nous avons-traversé la Manche à l'aller ? Ceux de Dunkerque furent parmi les premiers à nager. L'opulence avec ses obésités huileuses, dans l'installation des loisirs, a fait un sacré boulot, ya pas à dire, entre 36 et 68 le grand écart politique à mis la gauche à droite, mis à part les lampistes qui au milieu de tout ça n'ont pas changé d'un iota,
le cou du grisou n'a fait que s'allonger.
Quelques espagnols qui, entre Guernica et Franco, avaient échappé au garrot, s'étaient installés dans la peinture, l'écriture, la poésie.
Le rouge chez l'ibère ça crépite comme un immense feu qui brase l'union sacrée avec la vie,
Et ça c'est cri :
OLE comme CORRIDA !
Tiens j'repense à la Manche, dans le sens retour, te souviens-tu des drapeaux qui flottaient aux fenêtres de la Rue de Verneuil ?
Bien sûr, même que le crémier qu'avait fait son beurre avec l'occupant, non seulement c'était ses fenêtres qui en avaient le plus, mais comme il était beau son brassard tricolore, avec FFI écrit dessus....
A quelque pas de là en Raspail, les barreaux du Cherche-Midi ne retenaient plus rien des cris que les lettres des Fusillés avaient posté. !
- Qu'est-ce que l'art demanda un enfant , craie à la main ?
- Un bon placement répondit le Ministre de la Culture, si tu es dans la côterie des galeristes, qui en dehors du fric à en tirer, n'en ont pas la moindre idée.
- Nous avons fait un grand pas en avant de ce point de vue sur l'oeuvre artiste-hic.
Là où on moule l'esprit l'aqueux s'allonge, là où l'artiste s'exprime au seul profit du regard de l'autre, l'ennui fait souche.

L'arbre de vie
Va chercher de l'eau
Au fond du puits !
Va chercher de l'eau
Je t'en supplie !
Va chercher de l'eau
Et l'arbre de vie
Tout contre nos coeurs
Déjà refleuri
Va chercher de l'eau
Au fond du puits
Tout au fond du puits
Des souvenirs
Laisse aller les jours
A jamais enfuis
Puisque nos vingt ans
Vont nous revenir
Alors toutes nos amours
Vont repasser
Pour faire un seul amour
Car nous avons
Découvert aujourd'hui
L'arbre de vie
Va chercher de l'eau
Au fond du puits
Va chercher de l'eau
Je t'en supplie
Pour nous deux
Le temps va recommencer
Nous ne verrons plus
Passer les années
Va chercher de l'eau
Et l'arbre de vie
Tout contre nos coeurs
Déjà refleurit
L'arbre de vie
L'arbre de vie
Leny Escudero

Les dunes dans leurs frissons ont du mal à retenir les caresses du vent sur le sable. Les agapanthes dressés embrassent les trouées de nuages. Au bord du chenal deux bouées en marcel à rayures, se gonflent la poitrine d'un air de traversée. Il y a ce qui part et tout ce qui ne reste pas, trop de choses s'effacent sous l'apparence d'être là. L'homme n'est fidèle à lui-même que dans l'infidélité faite à ses promesses.

Niala- Loisobleu
19 Juin 2015
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https://www.youtube.com/watch?v=uf816g8j6nY