jeudi 19 mars 2015

UN HIVER NOMME PRINTEMPS




UN HIVER NOMME PRINTEMPS

On voyait les chevaux d’la mer
Qui fonçaient tête la première
Fracassaient leur crinière
Contre le casino désert

La barmaid avait dix-huit ans
Et moi qui suis vieux comme l’hiver
Au lieu d’me noyer dans un verre de vers
Je m’suis baladé dans l’printemps d'avant-hier

De ses yeux taillés en amande
Ni gris ni verts, ni gris ni verts
Comme à Ostende et comme partout
Quand sur la ville tombe la pluie
Et qu’on s’demande si c’est utile
Et puis surtout si ça vaut l’coup
Si ça vaut l’coup d’vivre sa vie

J’suis parti vers ma destinée
Mais voilà qu’une odeur de bière
De frites et de moules marinières
M’attire estaminet casse ta fiore
Là y avait des types qui buvaient
Des rigolos des tous rougeauds
Y s’esclaffaient, y parlaient haut
Et la bière on vous la servait
Bien avant qu’on en redemande
Que ça pleuvait, ça pleuvait, ça pleuvait

Comme à Ostende et comme partout
Quand sur la ville tombe la pluie
Et qu’on s’demande si c’est utile
Et puis surtout si ça vaut l’coup
Si ça vaut l’coup d’vivre sa vie

On est allés, bras d’ssus bras d’ssous
Dans la zone rouge
L’quartier où des vitrines
Remplies de présences féminines étalent l'antre deux-mers
Qu’on veut s’payer quand on est saoul
Mais voilà que tout au bout d’la rue
Est arrivé un limonaire
Avec un vieil air du tonnerre
A vous faire chialer tant et plus
Si bien que tous les gars d’la bande
Se sont perdus, se sont perdus

Comme à Ostende et comme partout
Quand sur la ville tombe la pluie
Et qu’on s’demande si c’est utile
Et puis surtout si ça vaut l’coup
Si ça vaut l’coup d’vivre sa vie

Au point où on est
Pas encore au plus bas, 
Courage ça vient
Plus qu'une semaine, 
La grande marrée ça s'en va, ça revient pas

Quant à vous, si vous savez pas où air est
Moi 
J'vous affirme que ça a valu  l'coup d'vivre sa vie
Avant la dérive en cours
Cette nouvelle-lune
A remonté le voile sur la fenêtre des yeux.
Les naufrageurs ont rallumé leurs fards
Pour rechasser les p'tits lapins

Oouais 
mon P'tit-Gars
A trop mettre le cap sur l'ô
j'ai si souvent bu la tasse
Que j'mourais noyé debout dans son anse cassée
Au coeur de l'impossible amour
L'espoir d'une utopie vrillée au corps 
Rivé aux semelles du vent
De mon Absolu...

Niala-Loisobleu
20 Mars 2015





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